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AIDA – Liège Opéra royal de Wallonie

concertonet

Véritable pierre de touche de toute Aïda, le plateau vocal réuni se révèle satisfaisant – du moins le premier, celui dont nous avons pu juger. Dans le rôle-titre, Kristin Lewis, soprano afro-américaine née dans l’Arkansas, a la voix de son physique: voix ample et charnue dont elle tire son intensité dramatique, même si la texture se révèle parfois un peu lourde dans le changement de registre. Massimiliano Pisapia, son Radamès, constitue un excellent avatar de juvénilité italienne, au fait du style requis, et doué d’un engagement qui fait pardonner une évolution sur scène çà et là gauche. Capiteux velours géorgien, Nino Surguladze exhale les profondeurs de la jalousie d’Amnéris, qu’elle incarne puissante sans oublier pour autant l’amour qui bout dans ses entrailles. Le gros format de Mark Rucker cantonne Amonasro à la brutalité de la vengeance et tend à sacrifier le volume à la précision. Soucieux de puiser dans le vivier wallon, la maison liégeoise a réussi sa mission avec le noble roi de Roger Joakim et la présence identifiable de la Grande-Prêtresse confiée à Chantal Glaude. Luciano Montanaro succombe à l’excès d’autorité de Ramfis tandis que Giovanni Iovino s’acquitte d’un honorable messager. Préparés par Marcel Seminara, les chœurs ne manquent pas d’allure.